Conseiller de Paris

MODULER LES DOTATIONS DES COLLÈGES POUR FAVORISER LA MIXITÉ
La France est un pays où les déterminismes scolaires sont forts. Seuls 4 % des enfants d’ouvriers non qualifiés obtiennent un bac + 5 contre 41 % des enfants de cadres supérieurs. Paris est dans ce contexte l’académie la plus ségréguée de France.
Une ségrégation due pour moitié à celle des quartiers, et pour une autre au privé.
Résultat, 15 collèges (tous privés) accueillent 0 % ou 1 % d’enfants d’ouvriers et de chômeurs, tandis que 15 autres, (tous publics) en accueillent plus de 40 %. Attractivité, réputation, climat scolaire, peurs de l’autre... l’origine du problème est multiple. Le combat pour la mixité, aussi. Il ne peut se limiter à des choix individuels. Il doit porter sur le système qui produit cette ségrégation.
Les élu·e·s communistes ont fait adopter au Conseil de Paris du mois de juin 2019 un dispositif financier innovant visant à revaloriser les collèges les plus défavorisés.
Si la loi Debré oblige les collectivités à financer à égalité les établissements privés et publics, elle autorise à moduler les dotations en fonction de la mixité sociale. Le nouveau dispositif va permettre de multiplier par 10 les dotations éducatives des collèges qui accueillent plus de 40 % d’enfants défavorisés par rapport à ceux qui en accueillent moins de 5 %. Avec ces moyens supplémentaires, ces collèges pourront développer de nouvelles actions pour augmenter leur attractivité : voyages, activités extrascolaires, matériel, etc. Ce dispositif contribue à la justice sociale. Si les financements sont les mêmes, les collèges doivent avoir les mêmes obligations. Les choix politiques de Macron poursuivent une même logique : une éducation à plusieurs vitesses, où les enfants des premiers de cordée sont encore, et toujours, les grands gagnants. À l’inverse, pour nous, une école du savoir partagé par toutes et tous est possible.
Par cette délibération, nous passons des mots aux actes.

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